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dimanche 22 juin 2014

Une très bonne histoire de la guerre de Crimée par Alain Gouttman

Alain Gouttman, décédé au début de l'année, était un historien français spécialisé dans l'étude des guerres du Second Empire. Il a publié en 1995 La guerre de Crimée 1853-1856. La première guerre moderne chez SPM, ouvrage réédité en 2003 dans la collection Tempus chez Perrin. En 2008, il a fait paraître chez le même éditeur La guerre du Mexique 1862-1867. Le mirage américain de Napoléon III (réédité en Tempus en 2011). Pour son ouvrage sur la guerre de Crimée, il a reçu en 1995 le Grand Prix de la Fondation Napoléon. Il est dommage qu'il n'ait pas eu le temps d'écrire des ouvrages sur d'autres conflits de la seconde période napoléonienne.
Dans son ouvrage sur la guerre de Crimée, l'objectif d'Alain Gouttman est de faire un livre bien documenté sur les causes et le déroulement de ce conflit qui a malheureusement suscité peu d'ouvrages alors qu'il s'agit de la première guerre moderne où le navire cuirassé et l'obus explosif apparaissent. Il a su montrer que la France entra d'elle-même dans ce conflit et non sous l'impulsion de la Grande-Bretagne, comme le suggéraient les précédents historiens de la guerre d'Orient (autre nom de la guerre de Crimée). Grâce à cette intervention en Crimée, pour défendre les Lieux saints et endiguer l'expansionnisme russe, la France entra avec les honneurs dans le concert européen puisqu'après avoir vaincu l'armée du tsar Alexandre II, qui avait succédé à son père Nicolas Ier en 1855, elle accueillit le congrès de paix qui se déroula à Paris au printemps 1856. Elle exerça même une prépondérance sur l'Europe jusqu'en 1863. Avec son ouvrage, Gouttman participe à la réhabilitation du Second Empire en rappelant les victoires que furent les batailles de l'Alma et d'Inkerman et le siège de Sébastopol. En effet, l'historiographie était jusqu'à récemment très défavorable au second régime napoléonien en insistant sur la capitulation de Sedan et sur le coup d'État du 2 décembre 1851 et minimisant la modernité du règne de Napoléon III et la gloire de l'armée du Second Empire. Nonobstant quelques difficultés d'ententes entre le commandement anglais et le commandement français, par exemple les quelques problèmes de coordination entre la flotte franco-britannique et les armées sur terre, Français et Anglais surent faire preuve d'un courage énorme et furent sur le champs de bataille de vaillants frères d'armes.
Dans son prologue, Gouttman rappelle en quelques pages les relations franco-russes sous le Premier Empire puis dans la première moitié du XIXe siècle. Ensuite, il explique, avec « les dernières chances de la diplomatie », en quoi consiste la querelle des Lieux saints et décrit les tentatives infructueuses de la diplomatie d'enrayer la crise entre la France, la Grande-Bretagne et l'Empire ottoman d'une part et la Russie d'autre part. « Face à face en Orient » est un chapitre qui nous amène à voir la préparation militaire de chaque camp puis l'échec du front danubien pour les troupes russes. Dans « offensive en Crimée », le terrain des opérations est déplacé vers la Crimée puisque les alliés se décidèrent à l'attaquer parce qu'elle abritait le port de Sébastopol, le centre névralgique de la puissance russe dans le sud de l'Europe. Ce chapitre termine avec la mort émouvante du vaillant maréchal de Saint-Arnaud, alors commandant en chef des troupes françaises en Crimée. Avec « la prise de Sébastopol », on voit les Anglais et les Français combattre les Russes lors des batailles de Balaklava (25 octobre 1854), sans vainqueur, et d'Inkerman (5 novembre 1854), victorieuse pour les troupes franco-britanniques. C'est aussi dans ce chapitre qu'est donné l'assaut final permettant aux Français et aux Anglais de s'emparer enfin de Sébastopol. Le dernier chapitre, « vers un nouvel ordre international ? », nous invite à l'analyse des négociations diplomatiques mettant fin à cette guerre de Crimée. L'ouvrage comporte des annexes dans lesquelles on trouve trois documents relatifs aux Lieux saints : un firman de 1757 répartissant les Lieux saints entre les différentes confessions, un extrait du traité de Kutchuk-Kaïnardji conclu en 1774 entre les Russes et les Ottomans pour mettre à la guerre qui les opposait depuis 1768 et les trois modifications à la note de Vienne demandées par les Ottomans (20 août 1853). Il y a une chronologie regroupant les principaux événements de la guerre de Crimée. La bibliographie est composée des sources imprimées et des études historiques utilisées par l'auteur. Parmi les sources imprimées, on a la Défense de Sébastopol par le général russe Todleben, qui montre que Gouttman ne s'enferme pas dans le point de vue franco-français ou franco-britannique, la correspondance d'Édouard Thouvenel, d'abord directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères puis à partir de 1855 ambassadeur de France à Constantinople, et les Souvenirs de la Guerre de Crimée du général Fay. Dans les études historiques, on trouve Croisades en Crimée de Jean-Pierre Chapuis, Sébastopol de Maurice Garçot et La Guerre de Crimée de René Guillemin. On peut regretter que Gouttman ne mentionne pas les fonds d'archives qu'il a consultées pour la rédaction de ce superbe ouvrage.
Ce livre, qui est écrit dans un style plaisant, est complet. Il y a un équilibre entre les analyses diplomatiques, militaires et politiques, aucune n'est survolée au profit d'une autre, ce qui n'est pas une chose facile lorsqu'on effectue une étude historique de cette qualité. Dans cet ouvrage, on voit que l'armée française compte de braves soldats mais on perçoit déjà les fragilités du commandement et de l'intendance de l'armée impériale.


GOUTTMAN Alain, La guerre de Crimée 1853-1856. La première guerre moderne, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2003 [1995], 438 p.




mardi 7 janvier 2014

Éric Anceau et Napoléon III

Éric Anceau, né en 1966, est un historien spécialiste du Second Empire. Il devint agrégé d'histoire en 1991 et en 1993, il reçut une bourse de la Fondation Napoléon pour sa thèse consacrée aux députés du Second Empire sous la direction de Jean Tulard qu'il présenta en 1997 et pour laquelle il obtint la mention très honorable avec les félicitations à l'unanimité du jury présidé par le regretté Jean-Marie Mayeur. Il remporta le prix Second Empire de la Fondation Napoléon en 2000 pour son Dictionnaire des députés du Second Empire et pour son étude sur Les députés du Second Empire : prosopographie d'une élite du XIXe siècle. Après avoir enseigné quelques années dans le secondaire, il est depuis 1999 maître de conférences à l'Université de Paris-IV-Sorbonne et à l'Institut d'études politiques de Paris.
En 2008, il publia chez Tallandier une biographie de Napoléon III qui est à mes yeux la meilleure des biographies que l'on a consacré à ce grand personnage. Cette biographie fut rééditée en 2012 dans la collection "Texto" de Tallandier.

Afin de donner au lecteur de ces lignes l'envie de lire le Napoléon III d'Éric Anceau, voici un extrait du prologue :

« Pourquoi une nouvelle biographie de Napoléon III ?

« Alors que s'annonçait le bicentenaire de la naissance de l'empereur (avril 2008), que se multipliaient les prises de parole et les publications sur le dernier souverain français, nous avons estimé qu'une familiarité de plus de vingt ans avec celui-ci nous autorisait à participer à ce débat. Conscient de la dette que nous avions envers tous ceux qui, avant nous, avaient écrit sur Napoléon III - et en particulier Louis Girard avec lequel nous avions souvent évoqué l'empereur -, nous pensions malgré tout pouvoir apporter un nouvel éclairage sur sa vie et sur son œuvre.
« Le portrait d'une personnalité importante comme l'empereur des Français peut servir de prétexte pour brosser le tableau d'une époque. Le procédé est louable. Il est très en vogue et a indéniablement contribué au renouveau du genre biographique. Mais tel n'a pas été notre démarche. Nous avons conçu cette biographie de Napoléon III en la centrant délibérément sur l'homme. Cependant, nous n'avons pas non plus voulu faire de cet homme un être intemporel et isolé, car nous sommes convaincu que chacun ne se comprend bien que replacé en son temps, en son milieu, parmi les siens.
 « Napoléon III ne fut ni un solitaire, ni un isolé. Son ascension, l'exercice de son pouvoir et sa chute ne peuvent se comprendre qu'à la lumière des relations qu'il a entretenues avec les uns et les autres. Celles-ci occupent donc une grande place dans cette biographie. Nous nous sommes aussi rapidement rendu compte que non seulement tout n'avait pas été dit sur l'homme et le souverain, mais que l'un et l'autre demeuraient encore partiellement incompris. Il est vrai que comme le remarquait Adrien Dansette : " Peu d'hommes d'État [...] sont plus difficiles à comprendre ". Napoléon III dément ainsi la fameuse assertion que Sartre plaçait en ouverture de  L'Idiot de la  famille : " On entre dans un mort comme dans un moulin."
« Il est également vrai, ainsi que nous l'avons déjà souligné, que certains ont voulu faire œuvre partisane, d'encensement ou de dénigrement. Pour notre part, nous sommes entré dans cette vie de souverain, sans cause à défendre ou à combattre. Que l'on ne s'attende donc pas à lire, dans les pages qui suivent, une hagiographie ou un portrait charge. Il nous est également vite apparu que les mêmes erreurs se reproduisaient souvent d'une biographie de Napoléon III à l'autre, faute d'un travail sur les sources, dont certaines, parmi les plus importantes, n'avaient, il est vrai, pas toujours été accessibles.
« Nous   nous   sommes   donc   immergé   dans   ces   documents.   Au   premier   chef,   il   était inconcevable de ne pas relire l'ensemble des livres, des brochures, des prises de parole du prince, de ne pas se plonger dans les milliers de lettres rédigées, dictées ou reçues par lui. L'enjeu était majeur. Rares sont en effet les hommes qui se sont autant livrés dans leurs papiers que l'empereur des Français.
« Les   archives   Napoléon   et   les   œuvres   publiées   de   Napoléon   III   constituent   donc naturellement les deux premiers piliers du présent livre. Il importait ensuite de savoir ce qu'avaient écrit et pensé de lui ses proches, ses collaborateurs et ses ennemis, comment ils avaient vécu et travaillé avec ou contre lui. Nous avons consulté dans ce but plusieurs dizaines de fonds d'archives privées et plusieurs centaines de correspondances et des Mémoires contemporains, dont ceux de tous les principaux protagonistes du règne.
« Nous nous appuyons donc sur les témoignages des membres de la famille impériale (la reine Hortense, l'impératrice Eugénie, le prince Napoléon, la princesse Mathilde, Stéphanie Tascher de   La   Pagerie),   des   ministres   et   hauts   fonctionnaires   (Baroche,   Haussmann,   Ollivier,   Persigny, Rouher), des dirigeants étrangers (la reine Victoria, Palmerston, Malmesbury, Bismarck, Cavour), des diplomates en poste à Paris (Apponyi, Beyens, Cowley, Hübner, Metternich), des opposants politiques   (Louis   Blanc,   Falloux,   Guizot,   Hugo,   Georges   Sand),   des   hommes   de   lettres   et   des jorunalistes (Du Camp, les Goncourt, Halévy, Karl Marx, William­Nassau Senior) et des intimes
(Hortense Cornu, le docteur Evans, Filon, le marquis de Massa, Valérie Masuyer), etc.
« Il convient de faire une place à part aux Mémoires inédits de Napoléon III. Le Mémorial  de   Chislehurst  du   pseudo­baron   d'Ambès.   Jusqu'à   aujourd'hui,   cette   œuvre   qui   apportait   des informations inédites sur l'empereur était considérée par beaucoup comme apocryphe. De ce fait, elle était soit rejetée, soit, au contraire, pillée en n'étant pas citée et en étant mal comprise. Dans un premier temps, nous sommes parvenu  à démontrer que les présomptions qui faisaient du baron d'Ambès tantôt Georges Charles d'Anthès, baron Heeckeren, tantôt le baron Henri Lambert, deux intimes de Napoléon III, n'étaient pas fondées. Dans un second, nous avons identifié formellement le baron en la personne d'Alfred d'Almbert. De ce fait, non les  Mémoires inédits de Napoléon III deviennent recevables, moyennant quelques restrictions qui s'attachent à tout récit de ce type, mais leur auteur apparaît sous un jour nouveau, celui d'un ami du prince qui fut presque aussi influent et présent que Persigny. 
« Par ailleurs, les archives judiciaires et celles de la Cour des pairs nous ont livré une partie des secrets des tentatives de coups d'État de Strasbourg et de Boulogne. Celles de l'armée nous ont fait entrer plus intimement dans la vie du prisonnier de Ham. Les papiers retrouvés aux Tuileries après   le   4   septembre   1870   nous   ont   fait   découvrir   l'autre   face   du   pouvoir.   Les   résultats   des consultations électorales, la presse, les rapports administratifs et d'humbles témoignages puisés à diverses sources nous ont permis de nous faire une idée plus précise de la façon dont les Français se représentaient leur souverain. Il ne fallait pas en négliger pour autant la très abondante production historique   sur   le   XIXe   siècle,   car   certains   travaux   majeurs   apportent   un   nouvel   éclairage   sur l'empereur et sur son temps. Nous nous sommes donc appuyé sur eux et nous les mentionnons dans la bibliographie, la plus complète à ce jour sur Napoléon III.
« Nous avons repris au pied de la lettre une formule su souverain qui se piquait lui­-même d'être historien : " Quand on parle d'une époque obscure du passé, on ne saurait prétendre être cru sur parole, il ne suffit même pas d'indiquer la source où l'on a puisé ses renseignements, il faut, pour les choses importantes, donner le texte même, car souvent le lecteur peut interpréter d'une manière différente le passage sur lequel vous fondez votre raisonnement."
« C'est pourquoi nous avons souhaité donner le plus souvent possible la parole aux témoins et à Napoléon III lui­même dans d'importantes annexes, mais aussi dans le corps de la biographie. 
« Celle-­ci comprend quatre époques qui correspondent à l'ascension du prince jusqu'à la présidence de la République ; à la transformation de son pouvoir présidentiel limité en un immense pouvoir impérial ; à l'exercice de ce même pouvoir ; enfin, à sa restriction, puis à sa disparition. »












samedi 20 avril 2013

Louis Madelin et Talleyrand



http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Madelin
Louis Madelin (1871-1956) fut l'un des grands historiens de la Révolution et de l'Empire. En 1901, il publia  un Fouché, produit de sa thèse de doctorat dirigée par Alphonse Aulard. Nonobstant Stefan Zweig et Jean Tulard qui ont été de bons biographes du ministre de la Police générale du Consulat et du Premier Empire, la biographie de Madelin fait encore autorité et a été rééditée en 2010 par Nouveau Monde avec une préface de Jacques-Olivier Boudon. Après un grand nombre d'ouvrages sur la Révolution et l'Empire, il entreprit, en 1937, de renouveler ce qu'avait fait Adolphe Thiers et d'écrire à son tour une Histoire du Consulat et de l'Empire en seize volumes, un périple qu'il acheva en 1953. Cette oeuvre magistrale a été rééditée en quatre tomes en 2003 par Robert Laffont. Elle reste intéressante à consulter même si aujourd'hui la référence est évidemment la masse granitique de Thierry Lentz en cinq volumes (le Grand Consulat et Nouvelle histoire du Premier Empire en quatre tomes). En 1944, Louis Madelin publia une biographie de Talleyrand, rééditée en 1979 par Tallandier, en 1984 par Marabout et en 2014 par Perrin dans la collection Tempus. 

Le lecteur trouvera ci-dessous la préface de Madelin à son Talleyrand :

« Lorsque, dans ma jeunesse, j'étudiais Fouché, je trouvais assez vite le ministre des Relations extérieurs du Consulat et de l'Empire dressé contre son collègue de la Police générale par une rivalité fort âpre, puis, tout au contraire, le prince de Bénévent lié avec le duc d'Otrante en des trames secrètes, puis s'éloignant et sans cesse se rapprochant de lui jusqu'à cette heure singulière où, « le vice s'appuyant sur le crime », Chateaubriand les a vus sortir du cabinet de Louis XVIII, l'ex-oratorien régicide soutenant la marche toujours pénible de l'évêque apostat, jusqu'à cette heure enfin, où les deux hommes, redevenus ennemis, s'entraînent l'un l'autre dans leur commune chute.
« Ce Talleyrand, je l'ai retrouvé dès les premiers chapitres de l'histoire de la Révolution, que j'essayais de retracer, comme dans les derniers – jeune député du Clergé aux États généraux, puis membre de l'Assemblée constituante où il marque avec éclat, et, à l'autre extrémité du drame, ministre du Directoire dont il prépare la ruine. Et quand, peu après, je faisais de Danton l'objet d'une autre étude, j'apercevais soudain cette figure passer, une heure, dans la vie du tribun révolutionnaire qui, devenu gouvernant, cherche dans les conceptions diplomatiques du ci-devant évêque d'Autun des inspirations à sa politique encore incertaine.
« Il va sans dire que, de la première à la dernière heure de l'Histoire du Consulat et de l'Empire, j'ai vu le « citoyen Talleyrand-Périgord », plus tard « Son Altesse le prince de Bénévent », jouer les rôles les plus divers : artisan de Brumaire, collaborateur zélé du Premier Consul, serviteur précieux, mais dangereux de l'Empereur, adversaire secret et actif du souverain, sapant ce trône impérial qu'il a jadis tant contribué à élever.
« Ayant eu, enfin, quelque velléité d'écrire une vie de Louis-Philippe, depuis abandonnée, j'ai retrouvé, à côté du duc d'Orléans délibérant, en juillet 1830, d'accepter le trône, le vieux « prince de Talleyrand » qui l'y pousse, pour se faire, l'événement révolu, l'un des plus utiles collaborateurs de politique extérieure et obtenir, pour le « roi des barricades », « droit de cité en Europe ».
« On ne rencontre pas si souvent un personnage si extraordinaire et d'ailleurs si énigmatique sans être vite tenté de le mieux connaître. Ce n'a jamais été un simple comparse que Maurice de Talleyrand et, j'ai eu, au long de ma carrière, l'esprit occupé, presque préoccupé de cet homme. On a dit et écrit de lui tant de choses troublantes – pierre de scandale pour les uns, objet d'admiration pour les autres, intrigant infatigable, dit celui-ci, homme d'État éminent, proclame celui-là ! Comme j'estime que la clé des trois quarts des existences se trouve dans leurs débuts, j'avais accueilli avec joie un petit livre de mon confrère Bernard de Lacombe sur la Jeunesse de Talleyrand ; il m'avait passionné et j'avais entendu en tirer des conclusions dans un opuscule que j'avais intitulé, un peu audacieusement, Talleyrand préhistorique.
« À cette époque, un homme fort distingué, Georges Pallain, semblait désigné pour se faire l'historien de Talleyrand ; il avait publié de précieux recueils de documents concernant le personnage ; je crois qu'il avait le dessein de se consacrer, un jour, entièrement à l'étude de l'homme qui, j'en peux témoigner, l'obsédait ; mais Pallain avait été très tôt disputé, puis arraché à ses études par les hautes fonctions que d'éminents services prolongèrent fort tard ; il ne connut même pas l'heure d'une retraite qu'il avait compté, me disait-il souvent, vouer à l'histoire de l'homme d'État. J'ai beaucoup connu Georges Pallain dans ses dernières années et me suis beaucoup entretenu avec lui de Talleyrand. Il me poussait à « le prendre en main » après Fouché. Mais déjà Napoléon me disputait à son ancien ministre, et lorsque mon excellent confrère Georges Lacour-Gayet voulut bien s'ouvrir à moi de l'intention où il était de se saisir du sujet, je l'y encourageai bien cordialement.
« Lacour-Gayet a composé une véritable somme, ainsi que l'on disait autrefois : tout ce qu'on pouvait, à l'époque où il écrivait, tirer, sur Talleyrand, des documents publiés comme des pièces d'archives, il l'a, après un remarquable travail, versé dans trois tomes importants et comme, de ces documents, il fait des citations longues et fort suggestives, on est amené à traiter ces volumes moins en livre définitif qu'en mine – une mine dont toutes les galeries, d'ailleurs, seraient admirablement aménagées. Le seul regret que laisse la lecture de cette oeuvre si consciencieuse, c'est celui de ne pas voir jaillir le personnage qu'on cherche. L'historien ne s'est certes pas refusé à formuler, en cours de route, des jugements, souvent sévères, d'ailleurs sans parti pris, mais il a, en fin de volume, avoué que l'homme restait pour lui une énigme indéchiffrable, laissant ainsi le lecteur un peu déçu. Il n'en va pas moins que tout historien qui, depuis la publication de l’oeuvre de Lacour-Gayet, a voulu étudier de nouveau Talleyrand, a dû y puiser si largement, que tous ont été amenés à lui rendre un hommage qu'à mon tour, je lui apporte ici.
« Sans doute le regret que j'exprimais à l'instant a-t-il été général puisque, depuis, tant d'autres ont essayé de dégager, des documents mis par Lacour-Gayet à leur disposition, la figure de Talleyrand pour qui, du comte de Saint-Aulaire à Paul Lesourd, ils se sont, en thèse générale, montrés beaucoup plus indulgents que l'érudit professeur.
« Émile Dard est venu verser « au procès » des documents bien précieux et des faits très nouveaux. Son livre Napoléon et Talleyrand, paru en 1935, n'embrasse, ainsi que l'indique le titre, qu'une partie – à la vérité considérable – de la vie de l'homme d'État ; mais tout l'homme y tient et, sous un aspect, à mon sens, beaucoup plus net que dans l’oeuvre de Lacour-Gayet. Émile Dard a notamment extrait des Archives autrichiennes des lettres et rapports qui jettent sur le personnage une lumière fort crue. Nulle publication n'est, à mon sens, plus accablante pour sa mémoire ; vénalité et trahison s'y montrent bien plus graves qu'aucun historien ne l'avait même soupçonné ; mais Émile Dard, s'il confirme et accuse la rare immoralité de l'homme, met en valeur, plus aussi qu'aucun historien, l'homme d'État qui, à mon sens, aurait toujours eu raison contre Napoléon et, en fait, contre tout le monde. Dans un livre sur le rôle du prince en 1814 et 1815, Guglielmo Ferrero a singulièrement appuyé sur la chanterelle et, se fondant d'ailleurs sur une forte documentation, a dépassé, à mon avis, jusqu'à l'outrance, les historiens les plus enthousiasmés par la politique de Talleyrand ; mais Jean Thiry, dans son important volume sur la Première Restauration, s'appuyant sur d'autres documents, est amené, tout au contraire, à en rabattre beaucoup au sujet des mérites et des résultats de cette politique.
« Talleyrand reste donc – ainsi qu'un jour, il en avait exprimé le désir – l'objet des plus vives contestations et des plus étonnantes contradictions. J'ai essayé, ne fût-ce que pour ma satisfaction – et ma gouverne – , de regarder, moi aussi, le personnage en pied et, ne l'ayant jamais vu jusqu'ici qu'apparaître, de l'arrêter pour tenter enfin de le comprendre. Au cours de mes études – aujourd'hui longues – sur la Révolution et l'Empire, j'avais, comme tant d'historiens, reçu de lecteurs – précieux autant qu'obligeants – communications de pièces inédites qui m'ont beaucoup aidé à élucider certains événements ; beaucoup de ces pièces avaient trait à Talleyrand – lettres par lui écrites ou par lui reçues – ; comme, d'autre part, nul personnage ne m'intéressait plus, sauf Napoléon, je n'avais jamais laissé passer sans en prendre note les documents qui le concernaient, recueillis aux Archives ou dans les bibliothèques ; ainsi m'étais-je fait, dans mon fichier Révolution et Empire, un fichier Talleyrand qui, sans valoir, certes, celui d'un Lacour-Gayet ou d'un Émile Dard, m'a, sur l'homme, fourni bien des lumières.
« Il fallait en finir ; j'ai, moi aussi, tenté d'écrire un Talleyrand. J'ai repris les recueils de pièces, particulièrement les volumes de Georges Pallain sur la Mission de Londres de 1792 et le Ministère sous le Directoire, les Lettres inédites de Talleyrand à Napoléon que Pierre Bertrand, bibliothécaire aux Affaires étrangères, a, pour notre fortune, si soigneusement colligées et publiées, la Correspondance de Napoléon, à laquelle il faut toujours revenir, et ses annexes, la Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII, la Correspondance entre Talleyrand et Jaucourt en 1814-1815, sans parler des grandes publications étrangères, telles que le Deutschland und Frankreich de Bailleu, que mes études sur l'Empire m'ont rendues familières et dans lesquelles Talleyrand occupe une si grande place. J'ai relu quelques-uns des Mémoires où ce grand acteur apparaît plus particulièrement : ceux de Metternich, de Mme de Rémusat, de Molé, de Pasquier, de Beugnot, de la duchesse de Dino, les confidences du bibliothécaire du prince, Amédée Pichot, comme le récit si émouvant que l'abbé Dupanloup a rédigé sur les derniers jours du vieillard – enfin ou plutôt avant tout des fameux Mémoires de Talleyrand lui-même qui, même tronqués et, dit-on, en
certaines de leurs parties, altérés, n'en constituent pas moins un témoignage étonnant, beaucoup moins sur les événements – sciemment arrangés, colorés et souvent dénaturés – que sur le personnage même qui a tant désiré en imposer à la postérité.
« Je n'ai pas eu, bien entendu, la prétention de refaire le travail de Lacour-Gayet qui a abouti à l’oeuvre que j'ai dite. Pas plus n'ai-je pensé à construire un ouvrage analogue à celui que j'ai, à mes débuts, consacré à Fouché ; Fouché n'avait pas eu un seul biographe et il fallait aller chercher partout les matériaux de la construction ; Talleyrand a, nous le savons, eu, lui, beaucoup de biographes, presque trop, et je pouvais faire mon profit de solides travaux autant que des documents publiés. Non : il s'agissait de me camper à moi-même un Talleyrand. L'ayant déjà, je l'ai dit, beaucoup fréquenté, j'ai voulu le connaître. J'ai, d'ailleurs, essayé d'aborder l'homme sans un préjugé et, ayant eu maintes fois l'occasion de parler de lui en passant, j'étais bien résolu, s'il le fallait, à réviser mes jugements. Ayant depuis de longs mois, vécu en sa singulière et dangereuse compagnie, je pense n'avoir pas subi cette fameuse « fascination » que, dit-on, ce « diable d'homme » - ainsi que disait l'Empereur – exerçait sur tous ceux, Napoléon compris, qui l'approchaient, et et qu'il semble continuer à exercer sur tant d'historiens, habitués cependant à se mettre en garde ; je veux espérer aussi que, me défendant de la « fascination », je n'ai pas trop réagi contre elle en noircissant l'homme. En tout cas ne pouvais-je le diminuer : il a été, parmi les personnages non seulement de son temps, mais de notre histoire, un des plus marquants ; on n'ose écrire « un des plus grands », et je dirai pourquoi. »
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vendredi 11 janvier 2013

Jean Tulard, le détective de Napoléon


Jean Tulard, né en 1933 à Paris, est le maître actuel des études napoléoniennes. On ne peut pas travailler sur la période du Consulat et de l'Empire sans jamais évoquer son nom. Il a longtemps enseigné à l'Université de Paris IV-Sorbonne (1971-2003). Il est membre de l'Académie des Sciences morales et politiques. C'est aussi un spécialiste du cinéma et du roman policier. Yves Bruley, lauréat du prix Second Empire 2012 de la Fondation Napoléon pour son Quai d'Orsay impérial, a été l'élève puis l'assistant de Jean Tulard en Sorbonne. L'élève a mené plusieurs entretiens avec le maître et l'ouvrage Détective de l'histoire paru chez Ecriture en 2012 en est le produit. Ce livre revient sur le parcours très riche de Jean Tulard, sur la vision tulardienne de l'histoire et du métier d'historien et sur plusieurs autres sujets (le roman policier, la gastronomie, etc.). Le livre est intéressant à lire grâce aux petites anecdotes dont Jean Tulard a le secret et il montre qu'il est possible d'allier la grande connaissance à un humour percutant. Cet ouvrage est à lire ! 

mercredi 26 septembre 2012

La campagne de Russie vu par un historien russe

Après Armand Colin (J.-O. Boudon), Flammarion (M.-P.Rey), De Fallois (Zorgbibe), Tallandier "Texto" (réédition de C.Cate) et les éditions des Syrtes (réédition de D.Lieven), Fayard sort aussi son ouvrage sur la campagne de Russie écrit par l'historien russe Oleg Sokolov. 


Personnellement, je n'avais pas entendu ni lu le nom de cet historien jusqu'à aujourd'hui (honte à moi !) et la lecture d'un mail du Souvenir napoléonien. Oleg Sokolov est présenté comme le grand spécialiste russe de l'histoire napoléonienne. Cet ouvrage semble intéressant à plusieurs titres. D'abord, il s'agit d'un ouvrage écrit par un historien russe, donc un point de vue non français et la vision de "l'autre camp". Ensuite, Sokolov (aucun parallèle avec un savant de mgs 3 s'il vous plaît), à l'exemple de D.Lieven qui s'intéresse à la période allant de Tilsit (1807) à l'entrée des Russes à Paris (1814), ne traite pas seulement de la campagne de 1812, il démarre à 1805 donc à Austerlitz. La seule critique que l'on peut faire, c'est que la publication de cet ouvrage s'ajoute à l'overdose d'ouvrages publiés cette année (cf. ci-dessus, et il y en a sans doute d'autres, je n'ai mentionné que ceux que je connais), normalement Perrin sortira en novembre un ouvrage sur la question dirigé par Thierry Lentz, il s'agira, je crois, d'actes d'un colloque qui s'est tenu cette année. Bref, même si je possède le Boudon, le Cate, le Lieven et le Muhlstein sur la question, je suis bien tenté d'acheter cet ouvrage prochainement. 

Le mail que j'ai reçu du Souvenir napoléonien m'indiquait qu'Oleg Sokolov tiendra une conférence le mardi 16 octobre à 18h (si j'y vais, je ne pourrais être à l'heure à cause de mon travail et j'arriverais donc en retard  au mieux d'une trentaine de minutes, ce qui est fortement dommage) à la Maison de la France Libre (59 rue Vergniaud 75013 Paris, métro Corvisart ou Glacière, ou bus 62). 

dimanche 20 mai 2012

"Napoléon III et l'impératrice Eugénie en villégiature à Fontainebleau. Un château, une ville et sa forêt sous le Second Empire" conférence de Patrick Daguenet

Dimanche 20 mai 2012, à dix heures, la conférence de l'historien Patrick Daguenet commence dans la grande salle du Théâtre municipal de Fontainebleau au son d'une valse qu'il fait écouter à l'assistance. Daguenet fait sa conférence à l'aide de tableaux et de photographies généralement d'époque projetés à l'écran. Il explique son sous-titre par le fait que l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie se détendaient au château mais profitaient aussi de la ville et de la forêt. Plusieurs tableaux projetés sont l'oeuvre de Winterhalter, le peintre officiel du Second Empire. Daguenet présente rapidement Napoléon III en rappelant que l'empereur, né en 1808, connaissait bien la ville de Fontainebleau puisqu'il y avait été baptisé en novembre 1810. Il insiste surtout sur le fait que Napoléon III fût un dictateur (je crains que Patrick Daguenet fasse partie des historiens qui pensent que Napoléon III serait le précurseur des régimes totalitaires du XXe siècle, ce qui est faux), qu'il fût un homme "d'extrême-droite (sic) qui a un côté social très développé". Il a mentionné une oeuvre de Napoléon III : son Extinction du paupérisme (1844). Il rappelle que le Second Empire a longtemps été condamné par l'historiographie avant d'être réhabilité sur les plans artistiques et économiques car selon Daguenet, le Second Empire ne peut pas être réhabilité dans le domaine politique. On apprend que l'impératrice se déguisait en Marie-Antoinette pour laquelle elle se passionna. Elle occupa ses appartements à Fontainebleau. La gare de Fontainebleau, inaugurée en 1859 et équipée à l'origine de trois voies, permettait à l'empereur, à l'impératrice et à leurs invités de venir en train depuis Paris. Le nombre d'invités s'élevait à une cinquantaine et ils venaient, au minimum pour une semaine, avec de nombreux bagages, ce qui provoquai des heurts entre eux. Ils entraient par la cour d'honneur. Le choix du mobilier du château et des invités faisait partie du domaine de l'impératrice. L'aile Louis XV du château était réservée aux invités prestigieux. Si les invités arrivaient en retard, ils pouvaient être amenés à payer une petite amende. En 1857, Prosper Mérimée proposa à l'assistance une dictée où le prince de Metternich, l'ambassadeur d'Autriche, s'illustra par son excellente maîtrise de l'orthographe. Le théâtre impérial, inauguré en 1857, servit à une dizaine de reprises entre 1860 et 1668. Lors des repas, le service à la russe (les plats sont servis dans un ordre) remplaçait le service à la française (tous les plats sont présents sur la table au même moment). L'audience de trois ambassadeurs siamois en 1861 fut un moment important de la vie de cour à Fontainebleau. On s'amusait beaucoup à Fontainebleau : promenades, concerts donnés par un orchestre militaire, tirs de feux d'artifices auxquels les Bellifontains étaient invités, navigations sur l'étang aux carpes avec quelques hommes tombant à l'eau (y compris le prince impérial) sans cas de noyade constaté car l'on nageait bien à l'époque, promenades et piques-niques en forêt (la cuisine pouvait se faire dans la forêt), parties de chasse, promenades sur la Seine et à Melun, promenades aux flambeaux, etc. L'empereur et l'impératrice rencontraient les artistes de Barbizon et leur achètaient quelques toiles. "Fontainebleau est un laboratoire de la création culturelle". Fontainebleau, ville royale et impériale encore dominée par la paysannerie à l'époque (la foire aux bestiaux a eu lieu devant le château jusqu'au début du XXe siècle),  commença à voir son tourisme se développer à partir du Second Empire. Les séjours de la cour à Fontainebleau cessèrent en 1868. Par la suite,  seul le président Sadi-Carnot alla à Fontainebleau. et l'impératrice Eugénie fit une dernière visite dans la ville en juillet 1914. 

Pour en savoir plus sur le Second Empire : 

ANCEAU Eric, La France de 1848 à 1870. Entre ordre et mouvement, Paris, Le Livre de Poche, coll. "Références", 2002.
ANCEAU Eric, Napoléon III. Un saint-simonien à cheval, Paris, Tallandier, 2008.
ENCREVE André, Le Second Empire, Paris, PUF, coll. "Que sais-je ?", 2004.
LENTZ Thierry, Napoléon III, Paris, PUF, coll. "Que sais-je ?", 1995.
SMITH William, Eugénie, impératrice et femme, Paris, Orban, 1989.
SMITH William, Napoléon III, Paris, Nouveau Monde éditions, coll. "Poches", 2007 [1982].

Un lien lié à cette conférence :


jeudi 12 avril 2012

Une brève et intéressante biographie de Bismarck



Otto von Bismarck (1815-1898) est l'un des personnages de l'histoire germanique les mieux connus des Français avec Adolf Hitler (1889-1945) et Frédéric le Grand (1712-1786) car ces trois hommes ont inspiré l'écriture de nombreuses biographies dont plusieurs sont disponibles en langue française. Hélène Bravard-Thévenet a rédigé une biographie brève, bien écrite et intéressante sur le "chancelier de fer". Le format de cette biographie rappellera celui de la célèbre collection "Que sais-je ?" des PUF. L'auteure défile la vie du père de l'Unité allemande en cinq parties bien faites : "une jeunesse sans perspective" ; "premiers pas dans la politique et la diplomatie" ; "le grand dessein : l'unité allemande" ; "un chancelier tout puissant" ; "les dernières années". L'ouvrage est richement illustré d'extraits de sources littéraires et de documents iconographiques. Une chronologie conclue l'ouvrage. Néanmoins, je regrette l'absence de bibliographie pouvant amener à consulter des biographies plus complètes de Bismarck et/ou des histoires de l'Allemagne et de la Prusse.
L'auteure indiquant, à la fin de chaque extrait de source littéraire, d'où elle l'a tiré, je peux établir une petite bibliographie :
GALL Lothar, Bismarck, le révolutionnaire blanc, Fayard, 1984. (6 extraits)
von BISMACK Otto, Pensées et souvenirs, 1898, Calmann-Lévy, 1984. (10 extraits)
ROTH François, L'Allemagne de 1815 à 1918, Armand Colin, 2000. (2 extraits)
Mémoires du chancelier Prince de Bülow, Plon, 1931. (9 extraits)
LUDWIG Emil, Bismarck, Payot, 1984. (1 extrait)
BAINVILLE Jacques, Bismarck, Ed.Godefroy de Bouillon, 1995. (1 extrait)
Saint-René de Taillandier, Dix ans de l'histoire de l'Allemagne, Didier, 1879. (1 extrait)
du CAMP Maxime, Souvenirs d'un demi-siècle. La chute du second Empire et la IIIe République, Hachette, 1949. (1 extrait)
VERMEIL Edmond, L'Allemagne contemporaine, Aubier, 1953. ( 1 extrait)
BRUNSCHWIG Henri, L'expansion allemande outre-mer du XVe siècle à nos jours, PUF, coll. "Etudes coloniales", 1957. (1 extrait)